THE SUDETEN IMPOTENCE
“There is nothing to do. It is obsessive and it obsesses me.” Chantal Ackerman
"Swinging in 1940 from a quiet, traditional and millenary daily routine to the brutal tragedy of a double ethnic cleansing, the Sudetenland, today implanted in the heart of the European Union, reminds us how fragile our daily existence is.
Almost nothing remains of this tragic and recent history. The collective memory prefers to close its eyes with the precarious certitude that the past will not reproduce itself, that the beast is dead for good and will never come back.
One rather abandons oneself to the somber beauty of the mountains, to enjoy the last breaths of summer in the magnificent and half-deserted Sudeten landscape. We have chosen to ignore the relics of the past, already in a state of ruin, little by little absorbed by nature.
The traces are vanishing. How to photograph an absent referent, how to capture the voluntary loss of memory? Are we condemned to impotence regardless, before the stubborn taboos and the hidden guilt to have failed to halt the destructive madness?
But impotence once accepted, once assumed, can become our weapon of resistance, a discreet determined resistance, to keep the memory alive, to not close ones eyes but to stay awake, obsessed and concerned."
Philippe Dollo, February 2015

AÎTRE SUDÈTE OU L'ÉLOGE DE L'IMPUISSANCE
"Il n'y a rien à faire, c'est obsédant et ça m'obsède"
Chantal Akerman.
"Pour tenter d'explorer les Sudètes, il faut s'armer de patience. Autrefois prospères, aujourd'hui semi-désertiques et d'une sombre beauté, ces régions ne se livrent pas à l'intrus, au curieux de passage.
Bien qu'ayant passé plus de 3 ans à photographier les Sudètes, jusqu'à il y a peu, j'ignorais encore pourquoi diable j'avais démarré ce projet. La seule et tenace certitude était qu'il fallait continuer, aller jusqu'au bout du voyage même sans savoir encore quelle route prendre...
Immédiatement, les Sudètes ont résisté, élevant des barrières linguistiques et culturelles. Il s'agit-là d'un sujet tabou, dont personne n'a envie de parler, aussi bien les Tchèques que les Allemands. À l'image de tous ces villages détruits à partir des années 50, beaucoup de traces de la mémoire Sudète ne sont plus que ruines ou déjà complètement effacées. Comment photographier le souvenir d'un lieu rayé de la carte? Capturer un référent absent?
Le destin tragique de ces terres, littéralement au centre géographique de l'Europe, sonne comme un avertissement du passé récent à notre présent qui se croit pour de bon à l'abri de l'horreur. Comment ces régions d'une beauté âpre et sauvage, baignées par une lumière sublime, ont pu servir de décors à une pièce de théâtre aussi sordide et violente. Tenter de photographier les Sudètes, c'est affronter notre impuissance face à ce gâchis, impuissance aussi face à notre rapport à la mémoire, au temps, dans un monde moderne en proie à une vitesse excessive de consommation, à la culture du zapping.
Mais constater une impuissance n'est pas une défaite. Dans l'impuissance assumée, se cache une résistance, une manière discrète mais déterminée, de continuer à penser, de rester encore debout, vivant."
Philippe Dollo février 2015

Site web de Philippe Dollo : http://www.philippedollo.com/
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