"mes jambes si vous saviez quelle fumée...", Le travail photographique est à la fois la genèse du spectacle "mes jambes si vous saviez quelle fumée...", et son prolongement. Il y a dix ans, pour aborder l'univers complexe de Molinier nous avons commencé les répétitions par de longues séances de prises de vue dans une maison abandonnée dans la région Nantaise. Pendant que nous nous efforcions de nous immerger dans son univers hallucinatoire, la voix et le rire de Molinier diffusés dans un petit poste de radio semblaient nous soutenir avec malice dans nos explorations. Nous avions souvent l'impression qu'à force de jouer aux apprentis sorciers, Pierre Molinier allait surgir de derrière un des paravents recouverts de toile de jouy, comme un diablotin chaussé de hauts talons avec son cèlèbre sabre dans la main, pour nous découper en rondelles ou corriger l'angle d'une jambe, l'inclinaison d'une tête ou encore nous raconter l'une des nombreuses anecdotes concernant ses chats. Les images réalisées durant cette période ont participées très largement à l'écriture dramaturgique de l'ensemble du spectacle. L'année dernière alors que l'idée de reprendre le spectacle faisait son chemin, j'ai eu de nouveau envie de poursuivre cet étrange dialogue photographique post-mortem avec le chaman bordelais. Avec Nicolas Fayol, interprète du spectacle, nous avons réalisé cette nouvelle série, en élaborant un procédé de prise de vue revisité et artisanal, et en nous refusant toute intervention ultérieure à l'acte photographique. Les compositions, enchevêtrements, morcellements, sont le résultat d'une prise de vue unique et nous avons, pendant ces longs temps suspendus, cru entendre de nouveau claquer le rire de Molinier. Pour finir,je laisserai donc la parole à ce"maître du vertige":"C'est à dire je voudrais prolonger n'est-ce pas, au delà de moi même, je voudrai prolonger ma personnalité. C'est en quelque sorte un refus... Une sorte de refus de la mort.Bien entendu je vais mourir comme tout le monde, mais je laisserais, après ma mort quelque chose qui continuera à vivre, vous comprenez, je laisserais en somme le souvenir, n'est-ce pas, la survivance de mes passions."

Du 04 au 13 octobre 2012Mes jambes, si vous saviez, quelle fuméeBRUNO GESLIN/ NICOLAS FAYOLen collaboration avec Le Théâtre de Nîmes
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