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LA PHOTOGRAPHIE EN TANT QU'ART (I) par Xavier Zimbardo
L'ESPRIT DES LIEUX: LA PHOTOGRAPHIE EN TANT QU'ART (II)
Xavier Zimbardo est photographe indépendant. Ses reportages le conduisent autour du monde et ses images sont publiées dans de nombreux magazines. Par ses recherches photographiques personnelles, il s’attache à une exploration intime et une mise à nu des détails de l’image photographique. Il y découvre la part de mystère naissant de sa dégradation et de ses métamorphoses. Il a publié une dizaine de livres en Europe et aux Etats-Unis, ses œuvres sont conservées dans des musées prestigieux comme la BNF et la Maison Européenne de la Photographie à Paris ou le Museum of Fine Arts de Houston - Texas. Il fonde en 2006 PHOTSOC, Festival International de la Photographie Sociale.
Ce texte a été publié dans la Revue des Ressources et c'est avec l'accord de son auteur que nous le publions ici
EXTRAIT
La photographie est à un immense tournant. Elle conserve son pouvoir de vérité et de conviction puisque apparemment liée au réel en sa qualité d’empreinte de celui-ci, de trace vraie du monde. Beaucoup de gens demeurent encore intimement persuadés que la photo conserve sinon valeur de preuve, du moins une part relative d’authenticité. Comme notre foi chancelle quant à la véracité de ce qui nous arrive, dans notre sommeil paradoxal.
Mais le doute s’installe et le doute est fécond. Il engendre ces univers vacillants et oniriques où les créateurs, jouant de ces ambiguïtés, font leurs nids. Les photographes continuent d’écrire avec la lumière mais, grâce au numérique, désormais ils peignent des lumières impossibles et des mondes improbables à l’existence desquels on pourrait croire. L’esprit des lieux, à la faveur de ces frontières qui s’effondrent, en profite pour ressurgir, ranimer les aires sacrées enfouies dans nos souvenirs, réveiller les échos fugitifs de nos terreurs et de nos extases enfantines.

À propos d’Ellen Kooï: une lecture d’Out of sight
un texte d'Eléonore Antzenberger(professeur de lettres et de philosophie de l'art aux universités de Nîmes et Montpellier)
http://www.ellenkooi.nl/
EXTRAIT
L’artiste est un insoumis aux valeurs admises par la société de son époque. Cette insoumission et cette libération se sont construites peu à peu, au fur et à mesure d’une longue histoire de l’art où il s’est affranchi de règles contraignantes et de toute dictature extérieure à son propos. Nous savons aujourd’hui qu’en art, tout est permis. Pour créer, l’artiste doit être absolument sincère et libre, au risque de n’encourir parfois que le mépris, et cela pour une durée indéterminée. L’artiste est impulsif, il gribouille, il ose, il explore, se préoccupant fort peu de rassurer par des œuvres sécurisantes. La sécurité, cette préoccupation maladive de notre époque fragilisée, est un sentiment rarement en harmonie avec la recherche et le doute qui taraudent les artistes. Les plus grands se soucient fort peu d’être vendus, du moins ce n’est pas leur souhait premier et pas de n’importe quelle façon. S’il leur est nécessaire de vendre, c’est pour pouvoir continuer à créer.Gustave Courbet, dans une lettre de 1854, disait son espoir de toujours gagner sa vie par son art, sans jamais "dévier d’un cheveu de ses principes", sans jamais "un seul instant mentir à sa conscience" et de ne jamais peindre, "fût-ce grand comme la main, dans le seul but de plaire à quelqu’un ou de vendre plus facilement". Aussi, l’amateur, qui a une autre profession, qui n’est pas forcément soumis aux aléas de la vente ou de la mévente de son art, va parfois se montrer plus audacieux qu’un professionnel dont le futur est soumis au fait de vendre ou de ne pas vendre ce qu’il engendre. J’emploie le mot "engendrer" parce que j’hésite entre deux mots qui sont des mots ennemis, je veux dire les mots "créer" et "produire". Créer va engendrer une création, une œuvre de l’esprit, une part de rêve, alors que produire va engendrer un produit, une marchandise soumise aux lois du marché. Le professionnel est au cœur de ce dilemme...


liens:
PHOTSOC, festival international de la photographie sociale
le site de Xavier Zimbardo
La Revue des Ressources
Empreints d’une intime spiritualité, les personnages de l’artiste hollandaise Ellen Kooï semblent évadés d’une légende, condamnés à peupler des no man’s lands aux accents goethéens. Le tellurisme des sites est cependant tempéré par les éclairages, si fulgurants qu’ils en paraissent artificiels, qui leur concèdent une présence éthérée. L’artiste entraîne ainsi le regardeur dans un univers onirique, dévoré par une sourde mélancolie, où l’absurde se nuance d’une pointe de cruauté. Ces saynètes d’apparence inoffensive semblent en effet hantées par des tensions souterraines, capables de faire basculer le sentiment du familier vers celui d’une inquiétante étrangeté. Que les personnages soient seuls ou en groupe, leur constance soutenue fascine le regardeur. Souvent de dos et sanglé dans une attitude parfois hiératique, il se fond aux éléments, comme s’il n’était en définitive qu’un accessoire au décorum. Les représentations collectives, elles, se singularisent par leur troublante homogénéité; quel que soit le nombre de personnages présents, ils semblent tous n’être qu’un seul individu, décliné selon différentes postures. En témoigne Houtwielen, qui met en scène une troupe uniforme d’enfants encapuchonnés de noir, portant chacun un ballon rouge identique. À l’exception du personnage en premier plan qui se retourne vers l’objectif, tous sont de dos. Ce cortège d’enfants interchangeables souligne ainsi la prégnance de la société sur l’individu. Personnages témoins, ces acteurs ont l’air d’observer les rituels structurant la collectivité comme si celle-ci était étrangère à l’espace, au temps et à eux-mêmes. Autre caractéristique des photos de groupe, l’absence de jeux de regards entre les protagonistes - le couple de fillettes dos à dos et reliées entre elles par l’extrémité de leur chevelure respective en est une manifestation extrême - Au contraire, les yeux se dérobent les uns aux autres, prenant la fuite vers un ailleurs qui échappe au regardeur. Outre de faire jaillir un profond sentiment d’incommunicabilité, cette absence de proximité autre que physique instaure une dissociation entre l’image donnée au corps et l’intériorité « plausible » du personnage. Le trouble réside ainsi paradoxalement dans cette seule certitude : les personnages sont là, mais ils sont aussi, au même moment, ailleurs. Insidieusement donc, ils renvoient le regardeur à la vulnérabilité de son existence physique.

www.lelacgele.org
Au sommet du sommeil
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site Ellen Kooï
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