AGNÈS L
11 - LA PAIX

”11 - le petit s’en va, le grand vient. la paix”, est un voyage intime, essentiel, c’est ce voyage initiatique qui répond à l’appel de notre propre «héros intérieur».
C’est une aventure vers une conscience universelle de l’existence, une tentative visionnaire remplie d’espoir, de respect et d’amour envers notre planète, notre terre-mère : un voyage dont l’esprit et le coeur sont les héros, invitant à la réalisation du héros en chacun de nous.
En marchant l’homme, dans toute son humanité, fait l’union entre le ciel et la terre, le temps et l’espace, l’unique et l’universel, l’intemporel et l’infiniment grand…
Toutes les images de cette série sont des photographie faites durant cette quête, une quête faite de retour en arrière sur les traces de ce mono-mythe qui est le mien (cf. Joseph Campbell Le héros aux mille et un visages) : c’est une aventure géographique et temporelle mais aussi spirituelle : des paysages connus, des apparitions comme des flashs jaillis du passé, des incrustations d’un temps dans l’autre… tout ceci « fabrique » une allégorie au sens exact, grec, à savoir « parler en figures » que je transposerais à « raconter en images », en tentant de représenter au moyen d’éléments concrets, réels, une notion abstrait : la paix enfin retrouvée après un long voyage…
Ce projet photographique, inspiré des grands mythes comme Ulysse ou Icare, a pour cœur le symbolisme du voyage, qu’il soit réel ou imaginaire.
Le voyage exprime un certain rapport au temps et à l’espace. Il évoque la découverte, la progression, l’ouverture et il se traduit toujours par un changement d’état : voyager, c’est partir à la découverte du monde, mais aussi à la découverte de soi-même, les deux chemins ayant vocation à se rejoindre...
Je suis donc repartie sur les traces du passé, parfois au sens large et parfois avec des détails ”madeleines de Proust”. J’ai refait ce chemin qui incarne mon histoire, mon voyage.
De la même manière que Homère a ancré son récit dans une réalité géographique concrète, le récit de mon voyage est ancré autour de la Méditerranée, mais cette géographie est symbolique et correspond moins à une réalité topographique qu’à un périple imaginaire fabuleux et mythologique.
Cet imaginaire ce sont les images qui le révèlent au regard, le mien d’abord puis celui de tous, images très fortes d’une dérive, d’un voyage tempétueux, mais aussi images qui aident, qui accompagnent la turbulence, les épreuves, la découverte.
Ce récit photographique est poétique, on plonge à l’intérieur de l’être, chaque image est une révélation, une cristallisation concrète tel un trésor. Il y a dans ce mythe personnel une volonté de rupture et de résilience : On plonge dans une épopée psychique.
« 11_le petit s’en va, le grand vient.La paix » est un voyage initiatique au fond de l’être vers la transcendance : ce regard portée sur mon existence correspond à une réelle exploration car il participe du « Connais-toi toi-même » prôné par Socrate. Le voyage est alors synonyme d’abandon, de dépouillement mais aussi d’épreuve et de libération : peu а peu, le voyageur, ou plutôt ici la voyageuse, prend conscience de sa nature véritable, essentielle, elle redevient elle-même.
C’est ”retrouver le soi” de Jung, accepter enfin ma condition humaine, faire la paix avec soi-même, c’est presque héroïque.
Et quand la poésie est là, celle des photographies, des lieux visités et adorés, des souvenirs précieux, c’est tout de même plus facile à exhumer et à exprimer. Ecrire son mono-mythe, le raconter en photographies, permet de mettre de la poésie et de la beauté dans le tragique que nous vivons parfois. C’est aussi en dé-personnifiant grâce à cette forme de narration, le mythe, que l’autre peut s’approprier le récit, et s’identifier à l’ héroïne.
Ici la fonction symbolique, est celle d’une quête, celle de la paix.
Agnès L | artiste
vernissage lundi 13 juillet 18:00 - 21:00
performance de l'artiste 19:00
exposition du 13 au 19 juillet 2026
14:00 - 20:00
ensuite jusqu'au 30 octobre 2026 sur rendez-vous

Depuis plusieurs années, Agnès L s’est lancée dans un projet qui, vu de loin pourrait sembler inutile ou perdu d'avance. Et pourtant, ces images d'une beauté saisissante nous parlent de recherche de son identité, mais aussi d'une quête tous azimuts vers une transcendance quasi cosmique.
Utilisation d'appareils photographiques multiples ou de procédés de tirages variés sont les facettes de cette recherche de son “héros intérieur”, qui est également connecté à l’infini. Agnès nous parle tout simplement du miracle d’exister, le lac gelé est fier d’accueillir cette recherche existentielle, mystique.
Richard Petit | curateur


art.agnesl.fr

